La photographie dans la pratique des arts plastiques Dans le contexte actuel d’un accès multiplié aux nouvelles technologies, aux appareils, à la production d’ images numériques, la photographie, à l’opposé des arts dits nobles, tels que la peinture ou la sculpture, est apparue comme un outil facilement accessible à tous, donnant avec une certaine légèreté la possibilité de produire une infinité d’images.
Comme outil d’expression, la photographie a fait récemment l’objet, au sein de la pratique des arts plastiques, et de l’art en général, d’une grande liberté d’utilisation. Elle a fortement contribué à la formation du regard et à la constitution d’une pratique artistique chez ses utilisateurs ou ses utilisatrices.
L’histoire récente des arts plastiques nous l’a montré, la photographie n’appartient plus seulement aux photographes mais à tous ceux qui en font l’usage, sous une forme ou une autre.
Indispensable aux “performers”, ou aux artistes qui interviennent dans l’espace - elle acquiert pour eux valeur de document, comme mémoire de l’oeuvre.
Dans le cadre du photo-reportage, de l’illustration des faits d’actualité, la photographie accède à cette autre valeur de document, en tant que mémoire de l’histoire.
Pour les artistes plasticiens qui l’utilisent comme moyen d’expression, elle doit être perçue comme une oeuvre, au même titre qu’une peinture ou qu’une sculpture, et à valeur égale.
Il arrive néanmoins que la frontière entre l’oeuvre et le document soit incertaine, que le document et l’oeuvre se confondent. Paradoxe de l’art ! La photographie n’est-elle pas un art de voyageur ? et l’art une question d’ouverture et de circulation !
L’utilisation du médium photographique, comme moyen de production s’est immiscée, voire imposée dans la pratique artistique des élèves, à travers la grande diversité de leurs démarches. L’exposition consacrée à ces pratiques artistiques au Lycée Hoche, dans le cadre de l’enseignement des arts plastiques veut rendre compte de cette diversité, et témoigner de la qualité des réalisations.
Derrière chaque image se révèle un auteur, un regard et une démarche. Qu’il me soit permis d’en nommer quelques un(e)s, au travers de leurs travaux.
Pauline Dutilleul s’est attachée à répéter la journée d’une lycéenne, dont elle n’a conservé que les fragments de quelques postures d’un corps en mouvement. Héllène Gaulier s’est appropriée l’esthétique de la mode et les codes de la publicité pour les subvertir. Guillaume Lelasseux a construit dans le cadre d’un travail minimaliste, une série de photomontages sur l’ image du lycée qui évoque le système de Mondrian. Marie Navarro a capté les regards inquiets ou enthousiastes des photographes en activité.... Ariane Tomis a exploré différents champs de la photographie, comme le photogramme rehaussé de maquillage, ou son mode de reproduction en série, à travers l’utilisation de la photocopie ... Raphaël Blum